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Les délégué.e.s présent.e.s aux discussions ministérielles du Défi de Bonn pour l’Afrique australe qui se sont tenues à Lilongwe, au Malawi, se sont engagé.e.s à redoubler d’efforts pour reconstituer le couvert forestier de la région. Les pays membres de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) se sont penchés sur le thème « Promouvoir la réhabilitation des paysages dégradés et déboisés en Afrique australe ».

Le Rwanda devient entre autres le pays phare dans le domaine de la protection de l’environnement et de la promotion de l’énergie propre. Les délégué.e.s rwandais.e.s ont souligné le besoin de régénérer le couvert forestier de la région et affirmé que « Kigali réduira de 80 % le nombre de personnes utilisant du charbon ». À travers son programme de développement « Vision 2020 », le Rwanda compte réhabiliter toutes les zones dégradées grâce à l’utilisation de l’énergie propre et de technologies réduisant la consommation élevée de biomasse.

Le Malawi est l’un des pays d’Afrique australe les plus durement touchés par le dérèglement des régimes météorologiques, qui est à l’origine de périodes sèches, de sécheresses, d’inondations et de vagues de chaleur. Ces facteurs ont par ailleurs diminué la production agricole et donc ralenti la croissance économique de ce pays qui dépend de l’agriculture depuis plus de 50 ans.

Le pays hôte, le Malawi, s’est plaint de la présence de dignitaires aux discussions du Défi de Bonn pour l’Afrique australe, déclarant que les ressources naturelles sont essentielles à la vie quotidienne. Bright Msaka, le ministre de l’Environnement du Malawi, a admis que la couverture forestière du pays a pâti de l’exploitation de ces zones et que les citoyen.ne.s doivent mener un effort collectif de restauration de l’environnement.

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Le ministre s’est dit préoccupé par le problème de réduction de la quantité d’eau et de terres, qui met les autorités sous pression et est d’autant plus difficile à résoudre que la majeure partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

« Pour surmonter ces problèmes, nous devons restaurer notre environnement qui est dégradé. Le Malawi a dans cette optique prévu de remettre en état 4,5 millions d’hectares de terres dans le cadre du Défi de Bonn », a-t-il expliqué.

Les délégué.e.s participant au sommet ont convenu d’introduire une source d’énergie alternative susceptible de remplacer le charbon parmi les États membres de la SADC. La croissance rapide de la population pèse sur les ressources naturelles ; les habitant.e.s ont ainsi mené un déboisement intensif pour répondre à la demande de charbon des zones urbaines.

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D’ici à 2030, la région SADC espère restaurer 100 millions d’hectares de terres actuellement dégradées, récupérer 250  millions de tonnes de carbone et créer au moins 350 000 emplois en milieu rural.

Il est grand temps que les pays se donnent la main et parlent d’une seule voix pour résoudre des défis environnementaux qui, loin de se limiter à un pays particulier, menacent la planète entière. Les responsables politiques doivent prendre leurs responsabilités, parce que ce sont eux qui dirigent la plupart des programmes de développement de la planète.

Le Défi de Bonn est une initiative internationale dont l’ambition est de restaurer quelque 150 millions d’hectares de terres déboisées et dégradées du monde entier d’ici à 2020, avant de porter cette surface à 350 millions d’hectares à l’horizon 2030. Le Défi de Bonn est basé sur l’approche FLR (Forest Landscape Restoration), qui vise à restaurer l’intégrité des écosystèmes tout en améliorant le bien-être des populations en établissant des paysages multifonctionnels.

La moitié des 150 millions d’hectares correspond à des engagements pris par des pays africains ; la région SADC apportera notamment une contribution équivalant à 17,5 millions d’hectares : 8 millions pour la RDC d’ici à 2020, 4 millions pour Madagascar, 4,5 millions pour le Malawi et un million pour le Mozambique à l’échéance de 2030.

Le Défi de Bonn encourage la mise en œuvre de solutions dans les secteurs nationaux clés que sont la sécurité alimentaire et de l’approvisionnement en eau et le développement rural, tout en aidant les pays à remplir leurs engagements en matière de changement climatique, de biodiversité et de régénération des terres dégradées.

 

Lovemore Khomo – Lilongwe, Malawi