En marge de la 24e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP 24) à Katowice, en Pologne, la jeunesse africaine à travers plusieurs mobilisations est revenue sur les principaux enseignements du rapport spécial publié en octobre 2018 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui réitère les impacts désastreux d’un réchauffement de +1,5°C (et au-delà) et insiste sur l’urgence d’entreprendre des actions pour éviter de dépasser ce seuil.

 

Les principaux responsables de ce réchauffement planétaire étant connus, les débats au sein de la jeunesse tournent désormais autour des approches de solutions car le temps n’est plus aux longs discours mais aux actions concrètes. Comme l’a rappelé Esso Pedessi de l’organisation Jeunes Vert du Togo aux 300 jeunes venus de 12 pays d’Afrique réunis les 7,8 et 9 Novembre 2018 lors de la Conférence des Jeunes sur le Changement Climatique (CoJeCC), « Pour garder le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C, le charbon, le pétrole et le gaz doivent rester dans le sol. Le monde entier doit renoncer aux combustibles fossiles. Nous devons accélérer fortement la transition vers des systèmes d’énergie 100 % renouvelable implantés localement qui fournissent l’électricité aux communautés ».

 

Ce même message a été délivré à Abidjan par les jeunes lors de la conférence des jeunes pour présenter les enjeux et attentes de la COP 24 ainsi que lors de la séance de travail qui a réuni les autorités de l’Institut de recherche sur les énergies nouvelles et renouvelables. A ce niveau, l’accent a été mis sur la décision controversée du gouvernement ivoirien qui, exprime en même temps une grande ambition de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais compte construire une centrale à charbon de 700 MW à San-Pédro. Pour Charles Baïmey de l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement en Côte d’Ivoire, « la crise climatique exige de bâtir une nouvelle économie inclusive qui ne laisse personne à quai. Les communautés particulièrement fragiles requièrent une transition juste et rapide des combustibles fossiles vers une économie basée sur l’énergie renouvelable »

 

A l’est de la RDC, les membres et sympathisants de l’association VAM se sont retrouvés pour échanger sur les méfaits des combustibles fossiles. Les vendeurs de mazout ainsi que les utilisateurs des groupes électrogènes ont pu comprendre les dangers que présentent les fossiles sur le plan humain, sanitaire, social et environnemental. Certains à Idjwi ont déjà compris que l’heure est aux renouvelables. Deux tenanciers de cabaret ont pris le ferme engagement d’abandonner leurs groupes électrogènes et ne recourir qu’aux panneaux solaires pour s’alimenter en énergie.

 

Ces mobilisations ont constitué une belle occasion pour insister sur le rôle crucial que les dirigeants à différents niveaux doivent jouer pour traduire les engagements pris en actions concrètes, afin de mettre en œuvre les choix et options de développement qui garantissent une justice climatique et la transition socialement juste.