La semaine a été aussi marquée par la signature d’une lettre ouverte adressée à tous les gouvernements, institutions internationales et prêteurs. Plus de 500 organisations dont 350.org en provenance de 70 pays, principalement du Sud ont signé ladite lettre qui appelle entre autres les dirigeants mondiaux, les gouvernements nationaux, les institutions financières, tant publiques que privées, “à prendre des mesures  urgentes, justes et ambitieuses” pour l’annulation inconditionnelle des paiements de la dette extérieure publique par tous les prêteurs – bilatéraux, multilatéraux et privés – pour tous les pays qui en ont besoin pour au moins les quatre prochaines années ainsi que “la mise à disposition des ressources libérées du fardeau de la dette pour répondre aux besoins immédiats en matière de soins de santé essentiels et universels”.

Cette initiative intervient au moment où la pandémie et la crise économique et sanitaire y associées continuent d’exacerber la situation des économies des pays qui dépendent de l’aide et de la dette, plongeant des millions de gens dans une précarité sans précédent et dans un étranglement financier des économies. 

En Afrique, la situation de l’endettement est particulièrement alarmante. S’il est vrai que le covid-19 n’a pas provoqué les scénarios catastrophiques annoncés au premier trimestre de cette année, toujours est-il que les niveaux d’endettement atteint des niveaux records. Dans un classement rendu public ce mercredi 14 Octobre, 10 pays y apparaissent avec des taux d’endettement dépassant plus de 78%. Ce qui est surprenant dans ce classement, c’est que même les pays nantis de ressources naturelles et minières comme l’Angola, le Mozambique, la Zambie et la République Democratique du Congo se retrouvent également parmi le top 10 de ce classement. Le cas de la Zambie est particulièrement illustratif de la gravité de la crise de l’endettement. Deuxième exportateur mondiale du cuivre, la Zambie peine à honorer les intérêts des emprunts contractés au cours des dix dernières années et subit de plein fouet la crise économique provoquée par la pandémie.

Mais le cas de la Zambie est loin d’être une exception. C’est l’illustration parfaite de la problématique de la dette entretenue par les pays riches et les institutions financières  au détriment des populations du Sud qui se voient privées de leurs droits de base en raison justement de la dette. On estime à plus de 350 milliards de dollar américain le montant que les pays du Sud remboursent chaque année aux prêteurs bilatéraux et multilatéraux tels que la Banque mondiale et le FMI, aux banques privées, aux spéculateurs et aux investisseurs en obligations et titres d’État. Parmi ces prêteurs et banques, on retrouve ceux qui soutiennent implicitement les subventions aux combustibles fossiles qui aggravent la crise climatique en cours.

L’on ne cessera de le dire: la dette est un puissant instrument d’oppression et de domination. L’annulation de toutes les dettes y compris les dettes bilatérales, multilatérales et privées, pour tous les pays du Sud, particulièrement ceux qui sont lourdement endettés, est une plus qu’une urgence afin que les gouvernements de ces pays puissent disposer de ressources indispensables au renforcement des systèmes sanitaires et de protection sociale.