A quelques heures de l’inhumation de George Floyd à Houston, c’est une vague de mobilisation sans précédent à laquelle on a assisté la semaine et weekend passés. De Minneapolis à Los Angeles, de Londre à Sydney, en passant par Paris ou Tokyo, ce sont des dizaines de milliers de citoyens qui ont manifesté contre le racisme, les bavures policières et pour rendre hommage à George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc  à Minneapolis, aux États-Unis.

En Afrique, des rassemblements anti-racistes ont été organisés dans certaines capitales comme Dakar, Johannesburg et Nairobi en dépit de la pandémie et des restrictions pour fustiger le racisme, les actes de violences qui ciblent la communauté afro-américaine ainsi que l’impunité au sein de la police américaine. Il faut dire que le décès de George Floyd a suscité une vague d’indignation sur le continent et a ravivé le sentiment de solidarité avec les peuples noirs du monde entier. 

Depuis deux semaines, on assiste à une indignation et  une mobilisation mondiales déclenchées par la mort de George Floyd qui sont en passe de s’étendre à la planète entière pour appeler au respect de la vie, celle  de l’homme noir en particulier. Les simples citoyens, tout comme les personnalités et dirigeants africains ont réagi à ce drame. L’on retiendra particulièrement celle du président ghanéen qui a si bien rappelé que  « le destin de toutes les personnes noires, où qu’elles se trouvent dans le monde, est lié à l’Afrique. Tant que l’Afrique n’est pas respectée, les Noirs ne le seront pas ».

Au-delà de la rage provoquée par le meurtre de George Floyd, les milliers d’Africains qui sont descendus dans la rue le weekend dernier ont voulu appeler au respect d’une communauté minoritaire et opprimée. Tout membre d’une communauté minoritaire ayant déjà  qui vécu des expériences d’abus et d’oppression, que ce soit en raison de son ethnie, sa race ou de son affiliation religieuse ou politique ne peut être indifférent à la cette vague de mobilisation antiraciste en cours. 

En somme, cette vague de mobilisation s’inscrit dans un contexte et une lutte plus larges en faveur de la justice sociale dans laquelle les citoyens africains doivent engager non seulement les États-Unis, mais aussi les autres puissances mondiales et leurs gouvernements respectifs qui en complicité avec l’industrie extractive pillent ses ressources, dévastent et violent systématiquement les droits fondamentaux des  communautés.

Aujourd’hui, et plus que jamais, les liens entre la crise climatique et le racisme qui frappent durement les communautés noires et les peuples indigènes à travers le monde apparaissent au grand jour, bien qu’ils subsistent et sont entretenus par les même systèmes d’oppression, d’exploitation et d’exclusion à l’origine de l’esclavage et de la colonisation. 

Le respect de l’homme et des peuples noirs, c’est aussi le respect de l’Afrique, berceau de l’humanité, de sa culture, de ses modes de vie et de ses ressources naturelles et minières. La lutte en faveur de la justice climatique ne peut être effective qu’en plaçant les questions de souveraineté, d’équité et de dignité de tous les peuples au coeur des débats et des stratégies.